C. P. 201, succ. St-Michel
Montréal, Québec
H2A 3L9

Téléphone: (514) 722-7708
Télécopieur: (514) 722-3667
redaction@journallemonde.qc.ca
Vendredi 3 septembre 2010
 
ACCUEIL
ACTUALITÉS
ÉDITORIAUX
BRÈVES
CHRONIQUES
COMMUNIQUÉS
Accueil
Levée de boucliers à Parc Extension

Une récente décision du CSSS de la Montagne de remplacer les postes d’organisateur communautaire par des postes d’agent de planification, de programmation et de recherche a soulevé une levée de boucliers chez plusieurs groupes communautaires de Parc Extension.

Pierre Brassard

Dans une lettre adressée aux groupes communautaires du quartier, le directeur du CSSS de la Montagne, M. Marc Sougavinski, annonçait, le 5 novembre dernier, que «les postes d’organisateur communautaire allaient êtres remplacés, à partir du 10 décembre, par des postes d’agent de planification, de programmation et de recherche». Une décision découlant d’un rapport demandé par le CSSS à la firme Communications Wilkins.

Le mandat donné à la firme Wilkins visait notamment à étudier «l’état de ses relations avec ses partenaires communautaires et s’assurer d’un niveau de confort avec les acteurs du milieu au moment d’élaborer des projets cliniques et d’adapter ses services d’organisation communautaire à cette nouvelle réalité».

Selon les recommandations du rapport Wilkins rendues publiques par le CSSS de la Montagne, il est proposé «… de revoir le rôle des organisateurs communautaires et de préciser les attentes à l’égard de leurs pratiques. Il faudra sûrement revoir le rattachement des organisateurs communautaires dans l’organigramme. Il y a un ajustement à faire puisque les organismes communautaires ont pris davantage de maturité. Leurs attentes ont évolué et se déclinent différemment».

Le rôle et les tâches assumés par les organisateurs communautaires consistent notamment à analyser les problématiques sociales, proposer et soutenir des stratégies d’action portant sur la prise en charge des populations locales, à participer au développement des ressources communautaires, à consolider les organismes existants et à participer à la concertation.

Décision incomprise
Selon les groupes qui dénoncent cette décision, la reconnaissance du travail des organisateurs communautaires n’est plus à faire. «L’expertise unique des organisateurs communautaires est reconnue par le milieu», affirme Mme Johanne Rheault, vice-présidente du Regroupement québécois des intervenantes et intervenants communautaires. «On aurait dû s’attendre à une consolidation des postes actuels selon les nouvelles orientations du CSSS de la Montagne», ajoute Mme Rheault.

Pour le directeur général de la Corporation de développement économique de Côte-des-Neiges, M. Claude Lauzon, la décision du CSSS pourrait avoir des effets néfastes sur la population. «C’est une expertise unique qu’on doit maintenir afin de préserver la santé et le bien-être de la population», a-t-il confié en conférence de presse.

«Nous avons, dans nos quartiers respectifs, mené de nombreuses luttes pour améliorer les conditions de vie des populations qui y habitent», retrouve-t-on dans un communiqué de presse dénonçant la décision du CSSS. «Ces réalisations, essentielles à nos milieux, ont été réalisées plus souvent qu’autrement en collaboration ou avec le soutien des organisateurs communautaires.»

Décision justifiée

Du côté du CSSS de la Montagne, on assure que la création des postes d’agent de planification, de programmation et de recherche aura, au contraire, des effets positifs à moyen terme pour les milieux concertés et les organismes communautaires. «C’est une approche différente», confie le directeur général du CSSS, Marc Sougavinski, «une nouvelle façon de s’organiser qui correspond à la réalité d’aujourd’hui et qui contribuera à relever le travail d’organisation communautaire en améliorant l’offre de service», soutient M. Sougavinski.

La venue d’agent de planification, de programmation et de recherche devrait permettre une plus grande connaissance ainsi qu’une meilleure documentation des problématiques, que ce soit au niveau de la santé mentale ou de la jeunesse par exemple, d’où en découlera de meilleures interventions selon l’approche préconisée.

D’autre part, la création d’un poste d’adjoint au directeur général viendrait améliorer la relation avec les organismes communautaires. «Le soutien aux groupes communautaires ne sera pas interrompu au contraire, il sera maintenu et amélioré par l’ajout de ce poste», assure M. Sougavinski.

Bien que les groupes communautaires témoignent de leur indignation et demandent un moratoire sur cette décision, la direction du CSSS entend aller de l’avant avec son nouveau plan d’action. «C’est un changement organisationnel qui n’aura pas d’impact négatif et qui aura pour effet d’améliorer les services à la population», estime Marc Sougavinski. Une pétition dénonçant cette décision sera remise à la prochaine séance du conseil d’administration de l’institution publique, mais pour l’heure, le CSSS n’entend pas répondre favorablement à la demande de moratoire de la part des groupes eu égard à cette nouvelle orientation.


 
 


________________________________________________________________________________________________________________________

© journallemonde.qc.ca 2007.
Réalisation : camillaurence.com